La Diane à la biche de Chantilly 

Le Prix de Diane court après la jeunesse éternelle. Chaque année depuis 1843, à la lisière du printemps et de l’été, les meilleures pouliches de trois ans s’affrontent sur la piste de Chantilly (Oise). Au-delà de la compétition, les silhouettes équines, racées et musclées, rivalisent de beauté avec la statue de « Diane à la biche » située au carrefour du même nom, à l’entrée de la commune cantalienne. Plusieurs milliers d’automobilistes passent ce jour là sous son regard, route des Aigles, pour se rendre sur l’hippodrome.

Le prestigieux rendez-vous hippique, résolument tourné vers l’image de la femme, ne pouvait trouver meilleure ambassadrice que cet élégant personnage mythique. Belle et sage, vierge et farouche, Diane est représentée le plus souvent court vêtue et armée d’un arc et de flèches, accompagnée d’une biche, d’un cerf ou d’une meute de chiens. Elle punit tout homme qui tente de la séduire ou même de la regarder.

La Diane à la biche, en fonte de fer, commandée par le duc d’Aumale en 1885, a disparu le 17 avril 1989. Elle n’a jamais été retrouvée. Il faudra vingt-trois ans pour que le socle récupére sa déesse grâce à l’initiative d’un groupe de passionnés. Mais le moule originel n’existe plus. Curieusement, c’est du parti révolutionnaire Lutte Ouvrière que la solution arrive. LO possède sa sœur jumelle dans le parc de son château à Presles (Val d’Oise).

La Diane de Lutte Ouvrière part en atelier pour donner naissance à son clone cantalien mais doit impérativement être rendue pour la Pentecôte, date de la fête du parti. De retour à temps pour la célébration partisane, cette dernière a retrouvé, par la même occasion et après restauration une nouvelle jeunesses. Du côté de Chantilly, le socle vide a quant à lui retrouvé sa Diane.

 

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