Gaston Alainé, encore jockey à 83 ans 

                                  
Il fait mieux que les Rolling Stones. A 83 ans, Gaston Alainé est toujours en scène. Le recordman d’âge en tant que driver continue de se faire plaisir sur les hippodromes de France et de Navarre. Jeudi 15 décembre, il était au départ de la troisième course à Vincennes aux commandes d’EPAMINONDAS. Deux jours plus tôt, le vaillant jockey courait à Lyon-Parilly. Il ne s’arrête plus : 5214 courses au compteur dont 112 pour la saison 2016. Et le moteur ronronne encore parfaitement.

Avant de tenir les rênes de ses chevaux, Gaston dirigeait une entreprise de déménagement, aujourd’hui gérée par sa fille, dans la région lyonnaise, à Chaponnay précisément. L’octogénaire peut ainsi se consacrer, au grand dam de son épouse, « du matin au soir » à son rêve d’enfant. Une passion qui date. A quatre ans, il grimpait déjà sur le dos des équidés, chez un oncle marchand de chevaux. Mais c’est surtout lorsqu’il accompagnait son papa turfiste sur les champs de courses que le virus s’est installé.

Toujours à Chaponnay, Gaston s’occupe d’une quinzaine de trotteurs, avec seulement un apprenti pour le seconder. Depuis qu’il a définitivement emprunté la voie des courses, en 1982, l’homme collectionne de beaux souvenirs, notamment avec REPLAY OAKS « avec lui j’ai gagné 650 000 euros en huit mois, dont le Prix des Centaures, un Groupe I », IRIS DE BIZIAT qui lui a offert un tour de France ou encore LE BIG BOSS, sixième du Prix de Cornulier en 2005. Autant de noms de compagnons de route qui résonnent encore chaudement dans la bouche de Gaston. Ce ne sont pas tant les victoires qui semblent animer le bonhomme, mais davantage le fait de réaliser ce vœu qu’il portait en lui depuis si longtemps.

 « Tant que ma santé me le permettra, je continuerai de monter dans mon camion avec mes chevaux.» 

Son agenda est digne de celui d’un président. « Il est toujours dehors, confie sa femme. Je dois prévenir huit jours à l’avance si j’ai besoin de lui. » Gaston avoue être hyperactif. « J’aime l’agitation ». Le driver n’en demeure pas moins conscient qu’il doit préserver sa santé. « Pour l’entrainement de mes chevaux, mon établissement est parfaitement mécanisé. Je possède deux camionnettes munies de barres auxquelles j’attache mes chevaux avec un licol. Ainsi, je sors quotidiennement mes chevaux, sans trop d’efforts ». Et, lorsque ses pensionnaires se montrent un peu trop caractériels, Gaston, très prudent, les confie à des drivers plus alertes. « Je ne veux pas prendre de risques inutiles pour continuer de profiter de ces années de plaisir. » Cette deuxième activité n’est en effet que du bonus pour Gaston. « A mon âge, je n’ai plus de dettes. J’ai beaucoup travaillé pour en arriver là ». Mais ce dynamisme n’est pas le seul secret de Gaston pour conserver une belle condition physique. Il confie que « tous les deux jours je pratique 25 minutes de vélos d’appartement et le soir, je m’autorise deux verres de très bon vin. ». Le superlatif a ici toute son importance.

Conserver son autorisation de driver à plus de soixante-dix ans n’est pas si simple, bien que l’Union Européenne du Trot ait abandonné la limite d’âge depuis 2013, le pilote doit justifier tous les ans d’une excellente aptitude à driver. Si certains sont surpris par la présence prolongée de Gaston sur les pistes, il faut s’y faire. Car le Lyonnais n’est pas prêt à rendre son tablier. « Tant que ma santé me le permettra, je continuerai de monter dans mon camion avec mes chevaux.» 

 

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