UNE TRANSAT DANS UN FAUTEUIL


Jean d’Artigues (52 ans), chef d’entreprise et père de deux enfants, est atteint de la maladie de Charcot. Tandis que sur terre il se déplace en fauteuil roulant, le voilà à quelques jours de réaliser son rêve de gosse : traverser l’Atlantique en voilier. Le départ est fixé le 8 octobre de la Trinité sur Mer (Morbihan) pour rejoindre les Antilles après six semaines de navigation, aux alentours du 27 novembre.
 Depuis cinq ans le skippeur en fauteuil, comme il se définit, se bat contre cette maladie neurologique à évolution rapide, et à ce jour, il n’a plus que la motricité de ses avant-bras et de ses mains. La révélation du diagnostic a été l’élément déclencheur « ça vous poursuit année après année et à cause de cette maladie qui galope, je me suis dit, je n’ai pas beaucoup de temps devant moi pour concrétiser mon projet ». Convaincu que rien n’est impossible et au risque de bousculer quelques principes de navigation,  il souhaite transmettre son espoir aux malades, à leurs proches et aux chercheurs qui se battent depuis 150 ans pour trouver un traitement à la maladie.

 Jean ne se lance pas dans une course en solitaire. Il sera entouré de cinq autres mordus de la mer, deux marins professionnels et trois marins soignants (un médecin, un kinésithérapeute, un infirmier). Il préfère parler de course en solidaire l’équipage a su tisser des liens très forts durant les mois de préparation.

 La traversée s’effectuera sur un catamaran prêté par une société de location pour être convoyé jusqu’en Guadeloupe. Un aménagement a minima du voilier pourra accueillir le fauteuil et permettra à Jean d’accéder au pont depuis le carré (espace central de la cabine).

 Et pas question de faire de la figuration, grâce à des boutons très maniables reliés au système électronique qui agissent sur la barre et le moteur ce marin pas tout a fait comme les autres pourra diriger le bateau.

 Six escales sont prévues, car si en amont un gros travail sur le plan nautique et médical a été effectué par toute l’équipe, il n’en demeure pas moins une inconnue « j’ai toujours navigué, mais jamais aussi longtemps et dans mon état je ne sais pas comment va réagir mon corps face aux éléments et aux mouvements du bateau » explique Jean avec sagesse.

 Ce projet audacieux mis au profit de l’ARSLA (Association nationale de Recherche Sur La maladie de Charcot) est parrainé par Marc Guillemot. Le navigateur français peut se targuer d’en connaître un bout sur les caprices de la mer. En 2009, il arrive troisième du Vendée Globe tout en portant secours à Yann Eliès. Son soutien est à la fois humain, technique et médiatique. Il a exprimé sa motivation avec des mots simples et directs : « J’aime soutenir ceux qui ne renoncent à rien. C’est pourquoi je suis aux côtés de Jean et de sa formidable équipe ! ».

 Les 250 noms des donateurs seront inscrits sur la coque du catamaran, baptisé « Et pourquoi pas » en remerciement des 56 000 euros de dons recueillis en deux mois pour permettre au rêve de Jean de se réaliser.

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