TAPIS DE MÂTS 

Je suis debout au bord de la plage.

Un voilier passe dans la brise du matin, et part vers l’océan.

Il est la beauté, il est la vie.

Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.

Quelqu’un à mon côté dit : « il est parti ! »

Parti vers où ?

Parti de mon regard , c’est tout !

Son mât est toujours aussi haut, 

Sa coque à toujours la force de porter sa charge humaine.

Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.

Et juste au moment où quelqu’un près de moi dit : « il est parti ! »

Il en est d’autres, qui le voyant poindre à l’horizon et venir vers eux,  s’exclament avec joie :

« Le voilà ! ».

C’est ça la mort !

Il n’y a pas de morts.

Il y a des vivants sur les deux rives.

Poème de William Blake 

Publicités

Une réflexion sur “TAPIS DE MÂTS 

Les commentaires sont fermés.