Une vie consacrée aux chevaux 

  

Quand on aime les chevaux, c’est pour la vie. Gilles Cottinet ne dira pas le contraire. Depuis vingt ans, il est président d’une association qui vole au secours des équidés à Hamblain-les-Prés (Pas-de-Calais). Marié et père de deux enfants de 3 et 8 ans, Gilles est aussi pompiste dans une grande surface d’Arras pour assurer le quotidien de sa famille. 

Sa complicité avec les chevaux commence à l’âge de 14 ans, à l’école d’apprentis jockeys de Gouvieux (Oise), le Moulin à Vent. Son caractère un peu trop affirmé lui porte préjudice et sa formation s’arrête au bout de deux ans tandis qu’elle en exige trois pour obtenir le diplôme. De retour dans le foyer familial, sa mère lui dit « débrouille-toi maintenant ! ». Gilles ne change pas d’idée, il veut devenir jockey. 
Une petite annonce dans Paris-Turf propose une place de lad-jockeys. Le métier était dur et mal payé se souvient Gilles « je changeais souvent de patron ». C’est ainsi qu’en 1978 sa passion lui fait côtoyer Alain Delon et Mireille Darc. Les deux grandes figures du cinéma sont propriétaires de chevaux, entraînés chez Vincent Bertella à Deauville où Gilles poursuit son objectif. Puis d’autres grands noms croisent sa route, comme Yves Saint-Martin, à l’époque où le crack jockey montait ALLEZ FRANCE, aime à se souvenir Gilles « il y avait là de quoi rêver ! » 

Après avoir retardé au maximum son départ pour le service militaire à la faveur de sa passion, à 22 ans Gilles ne peut plus y échapper. Durant cette année de contribution civique, le jeune homme prend beaucoup de poids et ses ambitions de devenir jockey s’évanouissent. Il ne lâchera pas les chevaux pour autant et passera les dix années suivantes à travailler dans un club hippique, qu’il tentera en vain d’acquérir. 

Toutes ces déconvenues successives n’entameront pas le moral de ce picard. En 1995, il crée l’Association de Sauvegarde des Équidés (ASE). Gilles peut se targuer d’avoir sauvé à ce jour 190 chevaux de la boucherie. En majorité, des chevaux malades pour lesquels il met toute son expérience à contribution pour les remettre sur pieds. Les équidés une fois en bonne santé sont placés dans des familles d’accueil avec leur carnet de santé, mais resteront la propriété d’ASE qui assume toutes les dépenses. 

Les appels au secours pour venir en aide aux chevaux sont quotidiens explique Gilles, « heureusement je peux compter sur l’aide de ma femme qui se charge de la partie administrative, de mon beau-père en tant que trésorier et d’une équipe de dix jeunes bénévoles pour s’occuper des chevaux ».  540 adhérents participent au financement de la généreuse entreprise, malgré tout comme le précise  Gilles « plus d’une fois, j’ai dû mettre de mes deniers pour survivre. » Dans un futur pas si lointain, la problématique de cet homme au grand cœur, âgé de 57 ans, sera de trouver son successeur  « je veux laisser mon association entre de bonnes mains. »

Christine Hamon 

Article paru dans le Parisien & Aujourd’hui en France le 20/02/2016

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