Après avoir marché un bon moment le long du port de Bénodet, et croisé de rutilants bâteaux de plaisance, j’arrive jusqu’à ce vieux grément. Fatigué, épuisé par les terribles tempêtes qu’il a essuyées. Sur le flanc, n’en pouvant plus, ridé presque désossé mais avec tant de souvenirs dans le ventre, il gémit « laissez-moi me reposer ». Il n’est pas seul, d’autres, comme lui, attendent de s’effacer à tout jamais dans les eaux de la rivière. Loin des regards, ces ancêtres, jadis si fougueux et si gaillards réclament le repos. Et par respect, je m’éloigne lentement de ce cimetière des éléphants.

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Et soudain dans la brume inspiratrice du petit matin, un poète a laissé son empreinte…

Laissez-Moi…
Laissez-moi me reposer
Dans mon repos éternel
De me rappeler comme quoi
Ma vie de chevalier d’écume
A été fourni, si forte et si belle.
Laissez-moi être à présent en paix
De ses tempêtes qui m’ont bien fatigué
De mes mers qui m’ont tant usé
Ma carcasse de bois en porte encore
De douloureuses cicatrices
Et ce n’est pas le temps qui en effacera
Le mal que je porte du bout de mes hélices.
Laissez-moi me reposer
Dans ma léthargie de baroudeur océanique
Ma retraite est belle d’avoir ma coque décolorée
Encore dans l’onde qui est mienne
Je rêve, je songe toujours de mes escales,
Tellement aventureuses et grandement magiques.
Paul Andrews
Écrit le 09/01/2013.

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