Photo Étienne Leenders – scoopdyga.com

Étienne Leenders, entraîneur de chevaux de course depuis quarante ans, fait une bien étrange découverte en se rendant, voilà quatre ans, chez un magnétiseur. Il apprend qu’il détient un puissant potentiel magnétique.

Piqué par la curiosité, il se rend à la Fnac, s’acquitte de quelques manuels sur le sujet et d’un pendule. Très vite, il constate que la révélation a du vrai. En posant ses mains sur la croupe du cheval, il ressent de fortes zones de chaleur à certains endroits du corps de l’animal. Un diagnostic vétérinaire confirmera des faiblesses chez l’équin. Étienne détient le pouvoir de guérison.

Le métier d’entraîneur s’aligne parmi les professions très accaparantes qui n’autorisent que peu d’activités en parallèle, c’est pourquoi Étienne préfère que son don ne soit pas trop divulgué et surtout il refuse d’en faire du commerce. Mais se sentant redevable de cette faveur qui lui tombe du ciel, il ne refuse jamais de la mettre au service d’un humain ou d’un animal. « Je dois sauver le monde » déclare t-il mi-sérieux, mi-amusé, comme pour anticiper des réactions ironiques, « On me traite de fou, tout au plus, rien de méchant » confie-t-il.

L’entraîneur reconnait utiliser son pouvoir tactile sur ses chevaux « cela m’évite des frais et me fait gagner du temps, je localise à l’aide de mes mains et de mon pendule la zone malade. J’échappe ainsi aux multiples radiologies très onéreuses, ensuite le vétérinaire fait son travail ». Mais il n’en abuse pas et confie « j’aurais l’impression de tricher vis à vis de mes confrères qui ne possèdent pas cette facilité ». Mais le bouche à oreille fonctionne bien, après avoir soulagé sa secrétaire de maux d’estomac permanents, c’est un ami entraîneur qui vient chercher secours auprès de lui. Atteint d’une tumeur au cerveau, opéré à deux reprises sans succès, les mains d’Étienne ont eu raison du mal.

« Je soigne les personnes jusqu’au bout du monde ». A partir d’une photo expédiée de Turquie, concernant une Française atteinte de septicémie dont l’état la rend intransportable, Étienne met une fois de plus ses qualités mystiques en service « Je sais à quel moment vous êtes intervenu, j’ai constaté une amélioration instantanément » lui confessera la maman de la jeune femme qui prendra l’avion deux jours plus tard pour regagner la France.

Ces derniers jours, l’entraîneur n’a plus de sensations magnétiques. Sa plus importante intervention vient de se dérouler. Un enfant de dix ans, victime d’une maladie orpheline, lui a soustrait toute son énergie. Après plusieurs tentatives de greffes, la médecine traditionnelle avoue son impuissance. L’entraîneur intervient en faisant un travail de préparation sur le corps du petit malade et l’ultime opération fonctionne. Étienne n’a aucune inquiétude, d’ici un mois, son pouvoir lui reviendra.

« Je ne prétends pas guérir à 100%, mais je retire systématiquement les douleurs » affirme t-il. « Les personnes qui viennent à moi, sont souvent au bout du chemin après avoir eu recours au parcours classique ». Son seul frein, les personnes traitées par chimiothérapie, « leurs cellules sont brûlées et je n’ai plus de contact avec leur corps ». L’entraîneur observe que plus il pratique plus son don s’affine, « Je peux agir sur tous les maux, la panoplie est large, mais surtout sur les maladies dues au stress, comme les coliques chez le cheval. Ces crises se soldent très souvent par la mort de l’animal ».

Une séance de magnétisme, pour l’homme ou l’animal dure entre un quart d’heure et une heure et quart, suivant la gravité du cas. L’acte est tout aussi éprouvant pour le souffrant que pour le soigneur. Étienne ne se livre jamais à ce soutien sans sa pierre de protection. Suivant les malades, les réactions diffèrent, certains s’endorment pendant la séance, pour d’autres le mal s’amplifie durant 48h avant de disparaître, quelques uns perdent conscience durant quelques instants.

Activité loufoque pour les uns, soulagement ou dernière chance pour les autres, Étienne poursuit ce chemin qui s’est tracé devant lui, sans qu’il le souhaite, mais qu’il honore comme un devoir. Pas d’amertume, ni de rancœur il note juste le peu de reconnaissance qu’il recueille parfois « un paquet de petits sablés pour me remercier » se souvient-il, « la vie ne coûte pas chère » ajoute le compagnon des chevaux.

En France, le magnétiseur n’est pas reconnu par l’académie de médecine, tandis qu’en Allemagne depuis la seconde guerre mondiale, il existe un diplôme autorisant la pratique légale de cette activité en milieu hospitalier. Pendant ces périodes de combats, les magnétiseurs allemands exerçaient leur don sur la population privée de médecins occupés à intervenir sur le front. De ce côté de la frontière, les frais sont remboursés par les mutuelles, comme en Italie et en Suisse.

C.H.

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