Les postes à responsabilités modifient-t-ils à ce point les chromosomes de la personne ?

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Il ou elle est votre collègue, votre voisin de bureau, au fil du temps des liens se tissent, ou pas. Mais voilà que la mayonnaise prend, la confiance s’installe. Les discussions s’affirment. On mélange ses états d’âme professionnels.
Cette relation amicalement bureautique arrose généreusement les traversées de désert qui jalonnent épisodiquement la vie du travailleur que vous êtes, jusqu’à faire repousser votre bosse du travail.
A la première occasion, Vous lui rendez la pareille. La puissance de la relation, vous y croyez, ne jurez que par elle !
Puis l’effet de la tectonique des plaques vient soudainement modifier l’organisation du jardin.
Celui-là même qui était votre équivalent devient votre dirigeant. Convaincu de le connaître jusque dans ses plus petits recoins, vous l’encouragez, le félicitez, l’épaulez.
Mais la métamorphose s’opère, sournoise, vicieuse et malicieuse : l’homme devient mouche, plus les jours passent, plus son goût pour le pouvoir s’affirme.

Lors de la téléportation, avidité et aveuglement se sont immiscés dans la cabine A pour se glisser dans la cabine B et investir le corps de votre Jeff Goldblum.
Et là, le discours se transforme, votre diptère ne devient pas muet, juste sourd. Votre voix ne porte plus jusqu’à ses oreilles, seules les cloches de la cathédrale sonnent toujours pour lui.
Votre bâton de pèlerin s’est brisé. Hier encore, vous écoutiez les « Moi, patron je serai à l’écoute, Moi, patron je ne me laisserai pas détourner par le pouvoir, Moi, patron, on continuera à rire de tout »
Mon oeil ! Il ou elle, comme les autres, y a pris goût, Il ou elle, comme les autres, a un cap à tenir, quoiqu’il arrive.
Ne pas décevoir, ne pas contrarier les hautes sphères, quitte à renier ses premières amoures, deviennent son leitmotiv.
On appelerait pas cela Vendre son âme au Diable.
Damned Power

C.H.

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