Paris, New York, Berlin, Londres, pour ne citer que ces capitales, car toutes possèdent leurs galeries d’art à ciel ouvert. Les graffs colorent généreusement les murs et autres supports extérieurs. Leurs propriétaires connaissent les villes mieux que quiconque pour dénicher les surfaces les plus improbables et y laisser la trace de leur talent. Rien de plus plaisant pour le promeneur que de découvrir ou détours d’une rue l’œuvre d’un de ces artistes de rue.

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Cependant, une inquiétude agitent depuis quelques temps ce milieu artistique avec la disparition successive de certains espaces comme le Tacheles à Berlin ou la piscine Molitor à Paris, au profit d’opérations immobilières. Les trois mille mètres carrés des Bains Douches, célèbre lieu à la mode dans les années 90, ont connu un peu le même sort, en se métamorphosant en 2013 durant quatre mois en résidence artistique avant de se transformer en hôtel Lounge d’ici 2014.

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Apparue dans les années 60 aux états-unis, cette expression artistique, fréquemment assimilée à de la dégradation, n’est pas toujours vue d’un bon œil. Le graffeur peut se voir infliger une amende de 1500 euros s’il na pas au préalable demandé l’autorisation de disposer de la surface. La ville de Paris dépense chaque année 4,5 millions d’euros pour nettoyer ses murs, il faut bien reconnaître que la facture est lourde.

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Mais la situation est ambiguë, certaines communes font appel aux artistes pour redonner une atmosphère culturelle à certains quartiers sombrant dans la morosité. Lorsque qu’un lieu est investi par les artistes, les premières vibrations ne tardent pas à se faire sentir et rapidement le label « tendance » lui est assigné. C’est le phénomène du serpent qui se mord la queue : Le quartier se remet à frétiller, les loyers grimpent en flèche, les espaces sont de nouveaux réquisitionnés par les promoteurs et les graffeurs sont repoussés au delà des frontières. Ainsi de suite.

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Mais les pensées évoluent doucement. Un ancien dépôts de bus, rue des Pyrénées dans le 20ème arrondissement de Paris, a été mis à disposition des artistes en 2011 pour deux ans. Tandis qu’un projet d’espaces culturels devrait naître en 2015 dans le quartier des Halles.

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Mais que tout ce balisage bienveillant, ne fasse pas perdre leur âme aux artistes-vagabonds.

Le Street Art se doit de préserver sa liberté pour conserver son style contestataire et instinctif.

Sa fragilité fait sa force.

C.H.

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