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Chalutier amarré au port du Guilvinec

Les amoureux des ambiances maritimes apprécieront cette promenade au Guilvinec, embarqués par l’air iodé et le vent caressant plus ou moins gentiment, suivant les jours et les saisons, cette façade de l’océan atlantique.
Situé à la pointe du Finistère en Pays Bigouden, Le Guilvinec avec son patronyme qui chante bien la Bretagne s’affiche à la quatrième place des ports de pêche français et se place en premier port artisanal. Cette commune du Finistère qui compte 3400 habitants, vit, respire et pense pêche.
Les cent quarante chalutiers attendent l’heure du prochain départ en mer, bien disciplinés le long du quai. Ces fidèles compagnons aux couleurs chatoyantes « répondent » aux noms de l’Arvorig, le Besame, le Bara Mann…

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Les filets de pêche enroulés à l’arrière du chalutier

Après avoir bravé l’océan, les chalutiers arborent une allure majestueuse lorsqu’ils regagnent le port accompagnés d’une nuée de goélands et du cliquetis de leurs guirlandes d’acier dans le vent.
Le coeur du Guilvinec bat fort, son activité est incessante. Ici la filière maritime est compléte, construction de bâteaux, réparation navale, une criée, une conserverie, le mareyage, un lycée professionnel maritime. Cette fourmilière compte 1300 emplois à laquelle viennent se joindre 530 marins. Un marin en mer, c’est du travail pour quatre personnes à terre, disent les gens du métier. Ça ne rigole pas au Guilvinec, les hommes sont rudes, les visages sont burinés, les mains portent les traces du métier.

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La réparation des filets

Baptisée « Site pilote », la commune du Guilvinec propose une belle visibilité sur ses activités maritimes : assister au retour des chalutiers et au déchargement de leurs cargaisons de poissons, vers 17h00. Trois types de pêche se pratiquent dans ce port finistérien, la pêche hauturière qui nécessite des bâteaux de gros tonnages. Ceux-ci partent en mer pour 14 jours et ramènent de onze à quinze tonnes de poissons. Puis la pêche quotidienne, avec les chalutiers côtiers qui reviennent les filets gonflés de langoustines et de poissons frais. Enfin les ligneurs (pêche à la ligne), ces embarcations sont plus petites, leur chargement se constitue essentiellement de bars et de lieux.
La découverte du port ne serait pas complète sans un passage par la criée qui se tient deux fois par jours du lundi au vendredi. La halle de la criée du Guilvinec s’étend sur 6200 m2 et occupe le troisième rang du marché de poissons frais français. Entre quatre-vingt et cent tonnes de marchandise sont vendues chaque jour.

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Et pour les courageux ou les lève-tôt, pour ceux qui ne se contentent pas de rester à terre, une virée à bord d’un chalutier pour vivre une journée de marin est possible. Départ au chant des mouettes, 4h30 !

Le port du Guilvinec est un musée à ciel ouvert avec ses kilomètres de filets étendus sur le quai, ses montagnes d’acier en attente de réfection pour être ensuite replacer sur les bâteaux. Ses tourets multicolores servant à enrouler les cordages. Dans un bruit sourd et incessant, les chariots élévateurs vont et viennent, charriant des plaques de sept cent cinquante kilos pour certaines.

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Plaques servant à la pêche

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Les tourets, magnifiques objets.

La mer(e) bretonne a du caractère et le centre ville du Guilvinec n’en manque pas lui non plus.
De nombreux bars jalonnent les rues de la commune, n’oublions pas que nous sommes sur le territoire des marins. Ici, des maisons aux teintes vives apportent la gaieté lorsque le temps est d’humeur grise. Là, des bâtisses en pierres de granit solidement assises dans le sol narguent, sans jamais fléchir, les colères marines.

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Le Guilvinec

Rue de la Mairie se trouve l’atelier de Nicole Pastor, marseillaise d’origine, la peintre-sculpteure qui a succombé aux charmes du pays y expose ses oeuvres. En 1991, Nicole revisite et redonne de la jeunesse aux silhouettes des Bigoudènes dans ses tableaux. Tout en rondeur et en mouvement, sous les coups de pinceau de l’artiste, et vêtues de l’habit traditionnel gonflé par les vents marins, c’est à ces personnages bretons que la peintre doit sa notoriété.

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Les couleurs changeantes et pures de la Bretagne sur lesquelles viennent se découper les paysages attirent de nombreux artistes et suscitent des vocations.

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Le Guilvinec

La nuit a déposé son voile sur le port, les marins sont couchés, les bâteaux bien alignés et les pinceaux rangés.

C.H.

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