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Son bureau est en face du mien. Je le croise rarement. Il doit être très occupé, bien qu’il n’ait jamais l’air pressé. Toujours un gentil bonjour, souligné d’un agréable sourire. Je vous parle de Pierre, Pierre Vavasseur, journaliste au Parisien depuis vingt ans. Il me fascine, je ne le connais que par ses écrits, et ça ne fait pas si longtemps que j’ai posé un visage sur le nom. Se plonger dans la lecture de ses articles est un régal, même très courts, c’est du bonheur. Je pense à ce dernier papier que j’ai lu récemment, « Tous fidèles au kiosque » , sur les 150 ans de ces points presse. Une description, comme je rêve de savoir en faire ! Du pétillant et de la spontanéité dans les formules. Un style débridé qui vous met tout de suite sur la voie, qui vous prend par la main pour vous emmener là où son auteur l’a décidé, sans vous laisser le choix.

Il possède le don de dénicher la belle métaphore. Ce n’est pas une technique d’écriture pour « tirer à la ligne », autrement dit allonger le papier. Non, la métaphore se love dans ses phrases, comme un matou au coin du feu. En voici une au hasard , toujours dans ce même article : « Repartir le journal sous le bras. A la limite, grignoter un titre à la dérobée, comme on arrache d’un coup de dent le quignon d’une baguette » … La frontière qui sépare le journaliste du poète est à peine dessinée.

L’homme s’avère discret sur ses talents. Aussi pour en savoir plus, je pars à la recherche de quelques informations sur le net. J’y découvre une interview improbable de nos jours, de par sa longueur, sur une chaîne de télé berbère. Youcef Zirem, l’écrivain, anime l’entretien.

L’échange commence par « Depuis vingt ans au Parisien, avez-vous vu le temps passé ? »

– «Non je n’ai pas vu le temps passé, je ne sais plus dans quel sens il va …Je suis dans un bonheur permanent». Son enthousiasme ne fane pas, et comme un jeune homme de 57 ans, il déflore pendant presque soixante minutes son parcours. Tout s’imbrique et tout s’explique dans la carrière de Pierre Vavasseur. Son enfance, la relation sans amour de ses parents, sa nature curieuse et frondeuse sont autant de sources d’inspiration dans son travail.

Journaliste, écrivain, poète, parolier, musicien, la carte de visite est longue, avec un dénominateur commun : une passion pour l’écriture. Une heure d’intimité, à la découverte du bonhomme qui m’a définitivement conquise.
c.h.
Romans :

Essais :

  • 2008 : 100 romans incontournables, éd. Librio
  • 2009 : 100 premières phrases incontournables, éd. Librio
  • 2010 : 100 histoires drôles incontournables, éd. Librio

Poésie :

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