Photo Paris Match
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Les Tchopendoz peuvent gagner l’équivalent d’un salaire annuel afghan

Hommes et chevaux se réunissent par centaines tous les vendredis dans les plaines afghanes du nord de Kaboul pour s’adonner à un drôle de sport. Le jeu est violent mais la règle est simple, les Tchopendoz (cavaliers) doivent s’emparer du cadavre d’une chèvre décapitée pesant jusqu’à quatre-vingts dix kilos, pour la déposer dans un cercle appelé «cercle de justice ».

L’arbitre donne le signal en lançant la carcasse dans la meute de cavaliers, considérés comme les meilleurs du monde. Dans un nuage de poussière, les concurrents se précipitent pour la saisir.

Pour marquer des points le Tchopendoz alourdi de sa chèvre qu’il coince entre sa selle et son genou, doit faire le tour du terrain délimité par deux mâts espacés de plusieurs kilomètres avant de la lâcher dans le cercle de justice. Il aura pour cela bravé les assauts sans pitié de ses adversaires, armés de fouets, tentant par tous les moyens de le déposséder de son trophée. Ici tous les coups sont permis.

Ni l’humain, ni la bête ne revêt de protection particulière pour cette chevauchée infernale. Une veste, un pantalon de velours, des bottes de cuir, un casque de tankiste de l’armée russe formeront la seule cuirasse de l’homme, le cheval se contentera de quelques amulettes !

La partie se termine une fois que tous les lots d’une valeur de quarante à mille dollars sont gagnés. Cette discipline afghane peut se prolonger sept heures d’affilées, jusqu’à épuisement des participants. Pour ce sport les montures requièrent de la robustesse et de l’endurance et la race chevaline des Karabairs est tout appropriée. Ce cheval à la particularité de bénéficier d’une bonne capacité pulmonaire et de sabots durs ! Les chevaux qui participent à cette épreuve suivent un entraînement spécifique. Certains propriétaires n’hésitent pas à débourser plus de deux cents mille euros pour obtenir la meilleure monture. Remporter un bouzkachi, pour les Khans et chefs locaux dépasse la notion de victoire, elle leur permet d’asseoir leur puissance.

Cette manifestation qui perdure depuis l’époque de Gengis Khan, était à l’origine un entraînement pour les guerriers. L’activité se pratiquait avec le cadavre d’un corps ennemi. Aujourd’hui les Afghans perçoivent cette manifestation comme un symbole de paix, ce jeu était interdit sous le régime des talibans (1996-2001).
c.h.

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